Ces derniers jours, les rumeurs vont bon train quant à la nomination de Raīna Forbin, la petite amie d’un ex-Conseiller président, sans aucune expérience ni dans la diplomatie haïtienne ni dans l’Administration publique, comme ministre des Affaires étrangères et des Cultes ainsi que de Marie Hélène Calvin, ancienne responsable des affaires consulaires du ministère, mise à pied pour incompétence, comme directrice général du ministère. Wilmide Gabriel, elle, sortie de nulle part, sera, pour sa part, la cheffe de cabinet de la nouvelle ministre. Personne n’aurait cru, même si tout est possible dans ce pays, que Raina Forbin et Marie Hélène Calvin qui n’ont pas grand-chose à voir ni avec l’État ni avec la Diplomatie viendraient s’imposer à la tête de l’institution étatique chargée d’implémenter et d’orienter la diplomatie haïtienne à travers 12 directions techniques et plus de 50 Ambassades et Consulats. Une Diplomatie déjà à genoux et trainée dans la boue depuis plusieurs décennies à cause de ces mêmes gargotes politiques qui n’en finissent plus. Ce n’est pas possible ! C’est inacceptable. Si la politique et la politicaillerie commandent tout en Haïti, il faudrait par moment, un peu de décence et de bon sens. Il est important de remplacer Harvel Jean-Baptiste parce qu’il ne fout rien, sinon s’exposer comme s’il était un président de la République. Raina Forbin comme ministre sera un choix totalement politique. Néanmoins avec des cadres techniques et un directeur générale expérimenté, ce vide serait comblé. C’est pour cela qu’il est insensé de sortir l’expérimenté Christian Toussaint, professeur d’universités, ancien directeur économique du MAE, ancien Conseiller économique du président Préval, ancien chargé d’Affaires au Venezuela, au Mexique, en Equateur et en Colombie, au profit de Marie Hélène Calvin qui n’a presque pas de CV. Ce serait un sacrilège ! Terminons avec ces interrogations même si elles feront interpréter cette réflexion comme intéressée, mais qu’importe ! A quoi servent la carrière, les sacrifices de se former, les études ici comme à l’étranger, les expériences accumulées si au final la politique ne prend pas au sérieux ni le pays ni son image à l’extérieur. Et tous ces hommes et ces femmes, blanchis sur le harnais, disponibles au service du pays, pourquoi n’en parle-t-on pas, à défaut des jeunes cadres qualifiés, compétents du MAE, pour la plupart évoluant dans les ambassades et les consulats ? Nous avons des exemples à foison : Monsieur William Exantus, ancien Consul général, ancien chargé d’affaire au Panama et aux Bahamas entre autres avec plus de 40 ans de carrière dans la diplomatie ne pourrait-il pas être ministre ou directeur général ? Monsieur Yves Rody Jean, ancien chargé d’affaires au Venezuela, en République Dominique, au Mexique, ancien Conseiller d’au moins deux présidents de la République avec plus de 35 ans de carrière dans la diplomatie, ne pourrait-il pas être directeur général? Monsieur André Dunbar, ancien directeur général du Commerce, ancien ambassadeur d’Haïti à Genève, actuel inspecteur des ambassades et consulats, professeur d’universités avec plus de 40 ans de carrière dans la diplomatie, ne pourrait-il pas être ministre ou directeur général? Monsieur Jean-Claude Barthelemy, économiste chevronné, détenteur d’une maitrise à l’ENA en France, chef cabinet de plusieurs chanceliers avec environ 30 ans de carrière dans la diplomatie, ne pourrait-il pas être directeur général ? Monsieur François Gérôme Michel, ancien chargé d’affaire aux Bahamas, actuel consul général d’Haïti à Aruba, économiste de formation, détenteur d’une maitrise, écrivain, professeur d’universités avec plus de 35 ans de carrière dans la diplomatie, ne pourrait-il pas être directeur général? Monsieur Guy Lamothe, haut fonctionnaire de l’Etat, économiste de formation, ancien chargé d’affaire d’Haïti en Belgique, ancien ambassadeur d’Haïti en République dominicaine, au Chili, au Mexique, en Espagne, représentant permanent d’Haïti en Chine avec environ 40 ans de carrière dans la diplomatie, ne pourrait-il pas être directeur général? Monsieur Frisnel Azor, ancien membre de cabinet de plusieurs ministres, ancien chargé d’affaire aux Nations unies, à Paris et actuellement en Allemagne, avec plusieurs années de carrière dans la diplomatie ne pourrait-il pas être ministre ou directeur général ? Monsieur Jean Especa, détenteur d’un doctorat, ancien chef du protocole, directeurs des affaires économiques, ancien ambassadeur d’Haïti au Benin avec plus de 40 ans de carrière dans la diplomatie, ne pourrait-il pas être directeur général? Monsieur Jean-Claude Justafort, détenteur d’un doctorat, qui a accumulé beaucoup d’expériences dans les affaires extérieures et centrales, actuel directeur international, avec plus d’une vingtaine d’années de carrière dans la diplomatie, ne pourrait-il pas être directeur général? Monsieur l’ambassadeur Wilbert Belizaire, détenteur d’un doctorat en migration internationale, ancien consul général d’Haïti à Paris, ancien ambassadeur d’Haïti en Argentine avec plus de 40 ans de carrière dans la diplomatie, ne pourrait-il pas être directeur général? Madame Yvrose Green, directrice des affaires culturelles, avec plus de 15 ans de carrière dans la diplomatie haïtienne ne pourrait-elle pas être directrice générale? Madame Carline Montas, ancienne secrétaire d’Etat, ancienne administratrice du ministère avec plus d’une trentaine d’années de carrière dans la diplomatie, ne pourrait-elle pas être directrice générale? Ce sont des noms parmi mille autres. Et c’est ce qui nous fait réfléchir sur les choix irréfléchis des politiques dans le pays. Des choix qui ne font que nous avilir, mettant à nu nos bêtises quotidiennes et vont finir par tuer la République. Monsieur le Premier Ministre, si le choix de madame Forbin comme éventuelle ministre des Affaires Étrangères et des Cultes est déjà arrêté? Alors pourquoi madame Marie Hélène Calvin comme nouvelle directrice générale ? Avec quoi comme expérience ? Quel bagage ? Quelle culture de la diplomatie ? Même s’il n’est pas nécessaire qu’un ministre soit un grand technicien, il est clair qu’un directeur général non rodé, sans expérience pour l’orienter dans l’implémentation de meilleures stratégies, sera voué à l’échec et dans le cas de la diplomatie haïtienne, elle ne fera que s’enfoncer un peu plus dans la boue. Navigation de l’article Le rituel de l’échec…