La sixième conférence de la Table sectorielle sur la sécurité, organisée par le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme, s’est tenue jeudi à Pétion-Ville autour du thème « État des lieux de la sécurité en Haïti et mise en place de la Force de répression des gangs ». L’objectif : évaluer les avancées et définir un paradigme adapté pour une solution durable, a expliqué Me Gédéon Jean, directeur exécutif du CARDH.

Le représentant spécial de l’Organisation des États américains en Haïti, Cristobal Dupuy, a salué l’initiative et souligné que l’OEA soutient la mise en place effective de la FRG, ainsi que le renforcement des capacités de la PNH. Il a évoqué des projets de plateformes de projection sécurisée et un centre tactique avec l’appui du Canada. « La FRG ne saurait être une fin en soi, mais doit s’inscrire dans le rétablissement de l’ordre public », a-t-il déclaré.

Arnaud Royer, du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti, a insisté sur une réponse globale alliant opérations policières, respect des droits humains et renforcement de la PNH. Il a alerté sur la faiblesse du système judiciaire et la surpopulation carcérale.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Colin, a reconnu que la crise exige une mobilisation totale de l’État, notamment dans la lutte contre les trafics d’armes qui alimentent les groupes armés.

Au nom du président du CSPN, le chef de cabinet du Premier ministre, Me Axène Joseph, a affirmé que le gouvernement est passé de la réflexion stratégique à l’action opérationnelle. Il a annoncé que le cadre légal de la FRG est désormais finalisé, avec un concept d’opérations révisé fondé sur une coordination totale entre les unités tactiques et la force internationale.

Ont également pris part à cette conférence le ministre de la Justice Patrick Pélissier, le directeur général de la PNH Vladimir Paraison, le commandant en chef de la FRG Godfrey Otunge, ainsi que des représentants du corps diplomatique, de la société civile et des organisations de droits humains.