Le Collectif du 4 Décembre 2013 a une nouvelle exhorté lundi le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé d’accepter la création d’un mécanisme de surveillance pour encadrer l’action de l’exécutif et lutter contre la corruption.

Dans une correspondance adressée au Premier ministre, cette structure de la société civile, appuyée par plusieurs organisations partenaires, a réitéré avec insistance sa proposition de créer une Chambre de Contrôle de la Transition (CCT). Une initiative que ses promoteurs présentent comme un « garde-fou » indispensable pour éviter les dérives et préserver la souveraineté nationale.

Déjà présentée à la nation le 22 janvier dernier et directement soumise au chef du gouvernement le 10 février, l’idée de cette instance de régulation n’avait jusqu’ici pas reçu de suite concrète. Dans leur nouvelle missive, les signataires soulignent l’urgence de la situation, particulièrement depuis l’annonce de la composition du nouveau gouvernement.

« Dans les circonstances actuelles où vous avez préféré procéder à la mise en place d’un nouveau gouvernement intégrant des acteurs partisans plutôt que des technocrates engagés, intègres et compétents de la société civile, cela soulève des inquiétudes légitimes chez plus d’un d’entre nous sur l’avenir du pays », écrivent-ils.

Selon le Collectif, la future CCT aurait une double mission. Il s’agirait, d’une part, d’« accompagner » le Premier ministre dans la prise de « décisions sages et judicieuses ». D’autre part, elle aurait pour objectif de « protéger la nation et garantir la stabilité nécessaire à l’organisation d’élections libres et transparentes, tout en évitant le risque de perte totale de notre souveraineté ».

Les auteurs de la lettre insistent sur les dangers d’une concentration excessive du pouvoir. « Sans garde-fous adéquats, la gestion du pouvoir, surtout si ce pouvoir est concentré sur une seule personnalité qui serait mal encadrée, expose non seulement au danger d’excès de toutes sortes, mais aussi au danger de prise de décisions susceptibles de desservir les intérêts de la nation, voire d’hypothéquer son avenir », préviennent-ils.

Pour le Collectif du 4 Décembre, la mise en place rapide de cette chambre, selon les modalités transparentes qu’ils ont proposées, constituerait une « arme percutante contre la corruption » et un moyen de « rétablir la confiance dans la gouvernance publique ».

Dans un contexte politique marqué par de fortes tensions et des appels répétés à la stabilité, la société civile tend une fois de plus la main à l’exécutif. « Le Collectif et ses organisations-sœurs vous tendent encore une fois la main patriotique pour que notre nation puisse traverser cette période critique lui ouvrant la voie à un développement endogène au bénéfice de tous », conclut la correspondance.