Le désormais ex-secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andresol, a officiellement pris ses fonctions de Ministre de la Défense, ce mercredi 4 mars 2026. La cérémonie d’installation s’est déroulée à la Villa d’accueil, sous la présidence du Chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé, en présence du ministre sortant Jean-Michel Moise et du haut commandement des Forces armées d’Haïti (FAd’H).

Prenant la parole, Mario Andresol n’a pas caché l’ampleur de la tâche qui l’attend. Fort d’une carrière de 38 ans dans la haute administration, il a rappelé sa philosophie du service public en parodiant les théoriciens du Contrat social : « L’État n’est pas une finalité en soi, sa finalité c’est le bien-être de l’ensemble de ses citoyens. »

L’ancien Directeur général de la Police Nationale d’Haïti (PNH) n’a pas éludé les critiques passées, évoquant avec lucidité son rôle parfois difficile de « sac à punch », victime selon lui de la désinformation. « Aujourd’hui encore, c’est dans ce même esprit de serviteur public responsable et dévoué que je consens à prendre les rênes du Ministère de la défense », a-t-il déclaré, affirmant sa parfaite connaissance des rouages de ce ministère qui lui inspire de « grands projets de réforme et de développement ».

Le nouveau ministre a exposé une vision moderne et globale de la défense nationale, articulée autour de deux axes : la Sécurité nationale et la Sécurité humaine. Selon lui, la priorité sera de renforcer quantitativement et qualitativement les ressources militaires pour faire face aux « menaces multidimensionnelles ou hybrides » qui caractérisent l’hémisphère.

Mario Andresol a mis en garde contre des dangers qui « suppriment les frontières entre la sécurité extérieure et la sécurité intérieure » : agressions armées, terrorisme, cyberattaques, piraterie maritime et trafics illicites transnationaux.

Parallèlement, il a insisté sur le rôle développementaliste de l’armée, notamment via le corps du génie militaire, et sur l’importance d’instaurer un « Service civique mixte obligatoire » pour renforcer la cohésion sociale et l’engagement citoyen des jeunes. S’adressant aux cadres du ministère et au haut commandement, il a appelé à un « effort collectif et désintéressé » pour réussir ce chantier colossal.

Le gouvernement mise sur un expert aguerri

Ouvrant la cérémonie, le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé avait planté le décor avec solennité : « Nous vivons une heure grave. Une heure où le bruit des armes des gangs couvre parfois la voix de la raison. (…) l’intégrité de notre territoire est plus que jamais une question de survie nationale. »

Pour le Chef du gouvernement, cette nomination dépasse le simple jeu des chaises musicales. Il y voit « la continuité de l’État qui s’incarne dans une nouvelle figure ». En choisissant Mario Andresol, qu’il a qualifié d’« architecte de réformes profondes », l’Exécutif entend placer un expert de terrain aux commandes d’un secteur stratégique. « Vous savez ce que combattre l’insécurité veut dire. Vous connaissez le prix du sang versé par nos forces de l’ordre », a martelé Alix Didier Fils-Aimé à l’attention du nouveau ministre.

La mission est claire : poursuivre la modernisation des Forces Armées d’Haïti et garantir l’intégrité du territoire national face aux menaces pesant sur les frontières terrestres, aériennes et maritimes, dans le but de restaurer pleinement l’autorité de l’État.