La localité de Jean-Denis a été la cible de nouvelles attaques meurtrières menées entre samedi 28 et lundi 30 mars 2026 par des membres du redoutable groupe criminel dénommé « Gran Grif », dont le fief se trouve à Savien, dans la commune de Petite-Rivière de l’Artibonite. Ce lundi, les gangsters ont de nouveau fait irruption dans la zone, incendiant plusieurs habitations et provoquant des pertes en vies humaines, après les incursions menées dans la nuit de samedi à dimanche, selon des témoignages de plusieurs habitants.

Cette série d’attaques, perpétrée durant les dernières 72 heures, aurait fait une centaine de morts, de nombreux blessés et des dizaines de maisons incendiées, selon une habitante jointe au téléphone par la rédaction de RTC. Plus tôt, le Collectif Défenseurs Plus, une organisation de défense et de promotion des droits humains, avait avancé un bilan de 70 morts. Plusieurs personnes ont également été retenues en otage par les bandits armés, selon la militante Bertide Horace, responsable d’une organisation locale.

Alors que certains habitants tentaient de fuir la zone lundi matin, d’autres lançaient des appels de détresse, illustrant une situation de panique au sein de la population locale confrontée à ces exactions.

Dans un communiqué publié lundi matin sur son réseau social Facebook, la Police nationale d’Haïti (PNH) a indiqué qu’une intervention avait eu lieu dans la matinée du dimanche 29 mars. Des policiers de Saint-Marc, appuyés par les troupes kenyanes déployées dans le cadre de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MSS), ont mené une opération pour secourir la population. Avant l’arrivée des forces, les bandits avaient coupé la route et creusé de larges trous pour empêcher la police de passer. Les policiers, déployés avec trois blindés, ont dû combler ces trous, ce qui a laissé le temps aux criminels de faire de nombreuses victimes et d’incendier plusieurs maisons avant de prendre la fuite.

Face au déploiement des forces, les bandits ont fui. La police a pris le contrôle de la zone et permis le transport des blessés et des dépouilles vers le commissariat de Saint-Marc. L’institution policière a fait état de 16 personnes tuées et 10 autres blessées par balles. Le juge de paix de Saint-Marc, Faneld’s Michel, s’est déplacé pour constater les faits.

Cette attaque survient dans un contexte de violence chronique dans l’Artibonite. Malgré les alertes répétées des habitants, la présence des forces de l’ordre demeure insuffisante.

Jusqu’à lundi soir, aucune communication officielle du gouvernement n’avait condamné le massacre. Alors que la Primature n’a cessé de réitérer « l’engagement » du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui fait office de président du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), de restaurer la sécurité et de protéger la population, aucune réunion d’urgence du CSPN n’a été convoquée à la suite de ce nouveau massacre perpétré par les gangs dans le département de l’Artibonite.