Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains Pierre Espérance a applaudi la condamnation des quatre derniers suspects liés à l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse par un tribunal fédéral à Miami, soulignant qu’il s’agit d’une avancée dans le cadre du procès visant à déterminer le motif et à identifier les responsables de ce crime odieux.

Néanmoins, selon le défenseur des droits humains, les autorités américaines n’ont jusqu’à présent divulgué qu’une fraction négligeable des documents constituant le dossier complet relatif à cette affaire.

Il a souligné que les autres accusés avaient avoué leur culpabilité, rendant ainsi le travail de la justice américaine plus simple. Pierre Espérance a rappelé que le ministère de la Justice américaine ne s’intéressait pas à certaines personnalités, dont l’ancien directeur général de la Police nationale, Léon Charles, l’ex-coordinateur de la sécurité du feu Jovenel Moise, Laguel Civil, l’ancien chef de l’Unité de sécurité du palais national, Dimitri Hérard, ainsi que l’ancien Premier ministre Claude Joseph.

Lors d’une conférence de presse le lundi 11 mai 2026, l’activiste des droits de l’homme a aussi exprimé son indignation face au statut de témoin accordé à la femme de Jovenel Moïse aux États-Unis, alors qu’elle a été mise en accusation en Haïti.

Le directeur exécutif du RNDDH a déjà fourni des réponses aux questions posées par de nombreux juges instructeurs responsables de cette affaire, qui sont actuellement devant la cour d’appel de Port-au-Prince. Il a été auditionné le vendredi 08 mai dernier par le magistrat instructeur Denis Cyprien. Au cours de cette conférence de presse, Pierre Espérance a profité de l’occasion pour demander des moyens supplémentaires pour le juge d’instruction Denis Cyprien, qui est chargé de l’enquête sur l’assassinat de Jovenel Moïse. Non seulement pour conclure cette enquête, mais aussi pour assurer sa sécurité.

Par ailleurs, Pierre Espérance a exposé un certain nombre d’aspects qu’il juge cruciaux pour éclaircir ce magnicide, mais que les autorités judiciaires ont tendance à minimiser. Il a souligné le montant de trois millions de dollars américains qui a été libéré à la demande du Palais national pour Dimitri Hérard, l’ancien chef de la sécurité présidentielle, quelques jours avant le crime.

Il a fait mention des copies d’un carnet de notes du président décédé qui circulent depuis plusieurs années sur les médias sociaux. Ce document contient des renseignements délicats concernant une série de rencontres secrètes orchestrées entre l’ancien président et diverses figures politiques de 2019 à 2021. Le directeur du RNDDH a aussi déclaré que ce carnet de notes renfermerait des allusions financières, notamment un montant de 343 000 dollars américains associé à des opérations stratégiques concernant l’ancien président.

Entretemps, Pierre Espérance a récemment été la cible de nombreuses critiques, suite aux déclarations de son ami Rudy Thomas Sanon, animateur de l’émission en ligne « Se sa nou vle ». Ce dernier a affirmé à l’écran que le militant des droits humains détenait une copie de ce document.

Il répond à ceux qui le critiquent pour avoir des copies de ce carnet contenant des informations sur les rencontres de l’ancien président avec des personnalités politiques, en soutenant qu’il est un ardent défenseur des droits de l’homme qui exerce son métier avec une grande rigueur professionnelle.  En dépit des critiques et des campagnes de dénigrement à l’encontre du RNDDH, Pierre Espérance assure que son organisation continue de mener ses activités de collecte d’informations pour soutenir la justice. D’après lui, le climat d’impunité qui prévaut dans le pays est l’un des principaux freins à l’émergence de la vérité.

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